#RECONVERSION 77| STELLA, SLASHEUSE : “JE NE SUPPORTE PAS DE M’ENNUYER DANS UN JOB”

3 changements de carrière, 2 entreprises et une activité en indépendante. À 40 ans tout pile, Stella est une reconvertie en série. Après 10 années assise derrière son bureau de juriste, elle a décidé de tracer sa voie au gré des envies et opportunités.
À la tête de la boutique de déco Le Pop-Up de Stella, elle développe en parallèle son activité de conseillère en immobilier, tout en animant un groupe local d’entrepreneures Les Mumpreneurs du 92.

Comment jongler entre toutes ces activités ? Stella nous dévoile ses secrets de “slasheuse”.

Vous avez envie d’entendre la douce voix de Stella ? Ça tombe bien. Son témoignage est également disponible en podcast juste ici.

Photo : Sarah Annie Photographie pour la marque Bonne Familles

Elles aussi ont dit stop à l’ennui et créé leur entreprise : 
Soazig, avec ses carnets “Save your love date”
Armelle, ex-chargée de communication devenue naturopathe
Sophie, créatrice d’une marque de mode et lifestyle

LE DÉCLIC : J’AI RÉALISÉ QUE LA BOULE AU VENTRE DU DIMANCHE SOIR  ÉTAIT DUE AU FAIT QUE JE M’ENNUYAIS À MOURIR AU BUREAU

J’ai débarqué à Paris en 2004 pour y faire mes premiers stages, après des études de droit à Nice. Pendant les 10 années qui ont suivi, j’ai enchaîné sans grande conviction les postes de juriste dans des groupes industriels. Leur point commun à tous : l’univers de la maison. C’est d’ailleurs devenu le fil rouge de ma carrière !
Je m’ennuyais vite. Dès que j’étais installée dans mon poste, je commençais à avoir la bougeotte et à traîner sur les sites d’emploi pour chercher le job suivant. J’ai changé 5 fois en 10 ans !

En 2013, un ami architecte m’a proposé de l’aider en apportant mes compétences juridiques sur des projets de surélévation d’immeuble en copropriété. Moi qui m’ennuyais tant au bureau, j’ai sauté sur l’occasion et commencé à travailler sur ces projets le soir et le week-end, en parallèle de mon travail.

Pendant un an, j’ai mené les deux jobs de front avant de négocier une rupture conventionnelle et de m’associer à temps plein avec cet ami. La surélévation en coproriété était encore peu pratiquée à cause de la complexité de l’opération. Il a fallu, en partant de zéro, créer un réseau de professionnels et s’ériger en experts de la surélévation.  J’ai même créé un blog sur le sujet, puis un site internet appelé dentcreuse.com (le nom d’un espace vide potentiellement surélevable entre 2 bâtiments). Nous avons commencé à avoir de plus en plus de contacts et de prospects dont certains sont devenus des clients, c’était grisant. Malheureusement, la plupart des copropriétés bloquaient et les projets n’aboutissaient pas. J’ai fini par me décourager de cette “architecture de papier” qui ne se concrétisait jamais. Au même moment, je suis tombée enceinte. Je me suis dit qu’il était temps de passer à autre chose.

Même si j’étais profondément déçue, je n’ai pas vécu cette expérience entrepreneuriale comme un échec. Bien au contraire, j’ai appris beaucoup sur moi : ma faculté à embrasser un nouveau sujet et créer tout un écosystème autour, mon endurance et ma détermination, mais aussi ma capacité à fédérer.  Tout cela m’a clairement aidé pour la suite !

LE REBOND : IL MANQUAIT UN MAGASIN DE DÉCO, J’AI DÉCIDÉ DE LE CRÉER

En préparant la chambre de mon bébé à naître, j’ai découvert le monde de la déco et des petits créateurs. Je passais des heures sur Instagram à repérer des marques confidentielles ou des éditeurs de mobilier nordique encore peu connus en France. 
J’ai réalisé que les Hauts-de-Seine manquaient cruellement de petites boutiques de déco. C’était tellement dommage de devoir toujours aller à Paris pour faire du shopping. Mon nouveau projet était tout trouvé !

Stella et Emma – Photo : Inside Betty 

Fin 2016, j’ouvre donc “le Pop-Up de Stella”. Au début, je proposais des marques découvertes au Salon Maison et Objet. Mais au fur et à mesure, j’ai intégré de plus en plus d’objets de créatrices et créateurs “locaux” et de boutique déco, je suis devenue une boutique cadeaux axée femmes et jeunes enfants. 

Avec l’arrivée de ma deuxième fille, j’ai dû revoir un peu mon organisation. Quand on tient une boutique, adieu les week-end tranquilles ! Pas idéal pour la vie de famille…
J’ai pensé basculer sur une boutique entièrement en ligne. Mais j’en suis vite revenue. Moi, ce que j’aime c’est discuter avec les clients, les conseiller,… pas envoyer les commandes.

Heureusement, j’ai rencontré Emma, une artisane qui fait des bijoux et aquarelles et qui cherchait un lieu de vente. Depuis, je suis présente une fois par semaine en boutique et le reste du temps je gère à distance les stocks, la communication et tout le reste ! C’est d’ailleurs comme cela que j’ai pu revenir à mes premières amours : l’immobilier.

LA CONTINUITÉ : ENTRE L’UNIVERS DE LA MAISON ET L’IMMOBILIER, IL N’Y AVAIT QU’UN PAS

Une nouvelle idée a commencé à germer début 2020… pour réunir mes différentes vies professionnelles et ajouter une nouvelle corde à mon arc ! J’avais travaillé sur des projets de surélévations, je conseillais tous les jours mes clients sur leur déco, à titre perso, je sortais d’un gros projet de rénovation (la transformation d’une boulangerie en habitation). La suite logique ? Me lancer comme conseillère en immobilier dans ma ville (Bois-Colombes et les alentours) que je connais parfaitement !

Photo : Sarah Annie

Début 2020, je m’immatricule et démarre une formation, poursuivie pendant le confinement. J’en ai aussi profité pour travailler mon positionnement pour “sortir du lot”. Ma valeur ajoutée : mon ancrage local, mon réseau, mon appétence pour l’architecture et la décoration et mes compétences juridiques. Je suis en mesure de proposer une prestation complète, de la recherche de bien immobilier, aux conseils déco, en passant par le home-staging pour mieux vendre son appartement !
C’est comme ça que je fais des ponts entre toutes mes activités. Tout s’entremêle et j’adore ça et je ne m’ennuie plus. 

Le métier d’agent immobilier est prenant mais très flexible. Je travaille souvent le soir, une fois les filles couchées, mais je peux aller les chercher à 18h et profiter d’elles.

ROMPRE LA SOLITUDE DE L’ENTREPRENEURE

Il y a une troisième activité, bénévole celle-ci, qui me tient beaucoup à cœur: les Mumpreneurs du 92 !
J’ai lancé ce groupe Facebook il y a 3 ans, en janvier 2018, car je voulais briser le cercle de solitude de la solopreneur qui raconte ses déboires à son mari tous les soirs… Mari qui n’en peut plus d’entendre parler problème de stock ou de compta !
Il existait déjà des tonnes de réseaux… mais à Paris. Et, comme pour la déco, je cherche autour de moi d’abord. C’est donc sur la même inspiration que j’ai décidé de lancer un groupe Facebook local, de femmes entrepreneures et mères de famille, pour que nous partagions nos bons plans, nos conseils, nos coups de stress,… mais aussi nos carnets d’adresses, en toute bienveillance. 

Au départ, j’ai invité quelques copines et, de fil en aiguille, le groupe Facebook compte aujourd’hui près de 1000 inscrites vivant dans les Hauts-de-Seine.
Malheureusement, nous ne pouvons plus faire de rencontres en chair et en os depuis plusieurs mois. Mais, même virtuelle, la solidarité entre toutes ces femmes n’a pas faibli et c’est une vraie satisfaction pour moi !

Si vous habitez dans l’Ouest parisien, n’hésitez pas à aller faire un tour dans la jolie boutique de Stella à Bois-Colombes.
Si vous cherchez à vous y installer, alors contactez-la sur s
a page Facebook d’agent immobilier ou sur son blog www.stellahaumont.com.
Et enfin, si comme nous, vous êtes mère et entrepreneure vivant dans le 92, n’hésitez pas à rejoindre le groupe des Mumpreneurs.

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