#RECONVERSION PROFESSIONNELLE 79| MURIELLE, DE JURISTE A CRÉATRICE D’UNE MARQUE FÉMINISTE POUR ENFANTS

Elle ne milite pas dans une association féministe, mais elle glisse dans la tête des petites filles qu’elles peuvent être pilote, astronaute, ou qui elles veulent dans la vie. Après 10 ans de droit d’auteur dans l’univers du jeu vidéo, deux créations de boîte et des allers-retours dans le salariat, Murielle Sitruk cofonde Pourquoi Princesse. Une marque de mode et de lifestyle féministe qui brise les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge. 10 questions à cette entrepreneure à impact !

Retrouvez Murielle au micro de notre podcast, pour la Journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars ! Elle nous parle de son histoire, d’entrepreneuriat, et d’empowerment des petites filles !

TU AS CRÉE 3 BOÎTES. QU’EST-CE QUI TE TITILLE DANS L’ENTREPRENEURIAT ?

 La liberté, l’envie de créer, le désir d’avoir un impact sur la société, d’aller plus loin et de me lancer des challenges. J’ai toujours voulu être entrepreneure. 

TON HISTOIRE EST FAITE D’ALLER-RETOURS ENTRE SALARIAT ET ENTREPRENEURIAT. PEUX-TU NOUS RACONTER LES GRANDES LIGNES ?

J’ai commencé comme juriste en droit d’auteur dans l’univers du jeu vidéo. Cela me plaisait, et je suis restée 10 ans, avant de partir avec un plan social et de monter ma première boîte Unique room, qui éditait de jeunes créateurs et créatrices de mode et de lifestyle. Ca n’a pas marché comme je le voulais, et je suis repartie pour 7 ans de salariat, à l’agence du patrimoine immatériel de l’Etat. Un projet innovant, mais dans lequel je me suis vite sentie limitée. Après 7 ans et la naissance de ma deuxième fille, je suis (re)partie et j’ai profité d’un congé de création d’entreprise pour lancer ma deuxième boîte, Sweetcase. Je commercialisais des valises de maternité, avec les premiers habits, le linge de lit… Mais le marché du tout-petit est hyper concurrentiel, je ne gagnais pas ma vie… 

CES DEUX BOÎTES N’ONT PAS DURÉ. MAIS QUE T’ONT-ELLE APPRIS ?

Que je n’entreprendrai plus en solo ! Monter une boîte seule, c’est hyper difficile : trouver de l’argent, lever des fonds, tout faire de A à Z. Ça demande une énergie immense ! L’expérience était nouvelle pour moi, tout prenait plus de temps que je ne le souhaitais, mais j’ai énormément appris : les do / les don’t, les choses que je referai autrement… C’est comme si j’avais fait un MBA, qui m’a coûté un peu cher mais complet ! 

TU AS FONDÉ POURQUOI PRINCESSE AVEC UNE ASSOCIÉE. COMMENT L’AS-TU RENCONTRÉE ?

Mon associée, Laura Drewett, est américaine, c’est elle qui a eu l’idée de Pourquoi Princesse. Même si aujourd’hui, le projet a évolué, et nous ressemble à toutes les deux. Une amie commune nous a mises en contact car elle cherchait des informations sur le secteur de la mode enfant… que je connais bien. Plus elle me parlait de son projet, plus cela me touchait. Quand elle m’a dit qu’elle cherchait une cofondatrice, je lui ai dit que cela pouvait être moi ! Je voulais apporter quelque chose autour de moi, quelque chose qui ait du sens pour l’avenir de la planète et de nos enfants.

ENSEMBLE, VOUS LANCEZ LA MARQUE FÉMINISTE POURQUOI PRINCESSE. PEUX-TU NOUS PITCHER LE PROJET ?

Pourquoi Princesse, c’est une entreprise à mission qui cherche à faire évoluer l’égalité fille / garçon. Nous créons des vêtements aux messages décalés, qui bousculent les clichés, comme des T-shirts “Je suis la princesse qui terrasse le dragon” ou “Pourquoi princesse quand je peux être astronaute”, la combinaison de “futur.e pilote” ou des robes aux imprimés dinosaure ou fusée. Des habits qui ne sont jamais vus dans les rayons filles !

DES MESSAGES FÉMINISTES QUI MANQUAIENT DANS LA MODE ENFANTINE ?

Depuis quelques années, les livres, les magazines, les jouets commencent à changer, mais pas les vêtements. Les parents qui désirent sortir des stéréotypes ne trouvent pas de vêtements qui leur ressemblent ; beaucoup de clients nous disent qu’ils habillent leur fille au rayon garçon. Mais quel message envoie-t-on à ces petites filles ? On plante aussi une petite graine chez ceux qui ne se posaient pas la question, et qui se demanderont peut-être à quel moment les dinosaures, l’aventure ou le courage sont devenus un truc de garçon ?

QUELLE FÉMINISTE ÉTAIS-TU AVANT POURQUOI PRINCESSE ?

J’ai 4 sœurs, et j’ai vécu enfant avec ma mère et ma grand-mère, même si mon père tient une place très importante dans ma vie. J’avais l’idée d’une femme forte et indépendante, j’étais une féministe en colère contre les inégalités, les tâches ménagères…  mais je ne savais pas trop quoi en faire. Je ne suis pas militante dans l’âme, mais je suis une entrepreneure à impact. J’ai compris qu’avec Pourquoi Princesse, tout était là.

CE PROJET T’A-T-IL FAIT GRANDIR TON ENGAGEMENT SUR L’ÉGALITÉ HOMME FEMME ?

Je n’avais jamais réalisé le message que les marques envoient aux petites filles, ni l’impact que cela peut avoir sur le regard qu’elles portent sur elles-mêmes, leur confiance en soi, la manière dont elles se projettent dans l’avenir… J’ai commencé à ouvrir les yeux avec mes filles. Mon aînée est fan de star wars, et j’ai toujours dû aller au rayon garçon pour lui offrir des vêtements à l’effigie de son film préféré. Ma cadette adore la robotique, et elle avait commandé un circuit de voiture à Noël. Dans la boutique, on m’a tout de suite demandé quel âge IL avait. Cette prise de conscience est arrivée en même temps que Pourquoi Princesse. J’ai appris énormément sur le sujet, et je continue à apprendre… 

MARQUE FÉMINISTE, VOUS ESSAYEZ D’ÉLARGIR L’HORIZON DES PETITES FILLES AU-DELÀ DES VÊTEMENTS. COMMENT ?

On essaie de produire le plus possible de contenus, pour parler d’égalité aux filles comme aux garçons. Nos réseaux sociaux sont de vrais porte-voix pour parler de l’égalité. On a créé un guide, qu’on peut télécharger sur notre site Internet, des “30 meilleurs compliments qu’on peut faire à une fille qui ne parlent ni de beauté ni de prudence”. On a aussi lancé des mini-talks, qui donnent la parole à des femmes au parcours inspirant : une capitaine Sapeur-Pompier, une championne de skate, une pilote de ligne… On travaille avec d’autres marques, d’autres acteurs et médias pour faire passer ces messages. Notre objectif ? Susciter un déclic… en douceur, sans violence, comme il s’est fait pour nous. 

QUEL CONSEIL DONNERAIS-TU À DES FEMMES QUI SOUHAITENT SE RECONVERTIR MAIS QUI MANQUENT DE CONFIANCE EN ELLES ?

C’est un chemin… pas toujours facile. On entend souvent des discours censés être motivants, qui disent que les femmes doivent arrêter de s’autoflageller. Mais ce n’est pas la faute des femmes, c’est la façon dont on a grandi, la manière dont la société est construite, c’est tout un écosystème qui fait qu’on se retrouve dans cette insécurité, dans ce doute, dans le fameux syndrome de l’imposteur. Mais ce n’est pas une fatalité ! On peut s’inspirer des autres, de celles qui ont avancé. La méditation aide aussi énormément à prendre du recul par rapport à cet environnement et aux pensées limitantes qui nous freinent parfois depuis l’enfance. Et nous empêchent de réaliser que nous pouvons tout faire !

SI TU DEVAIS RÉALISER UN BILAN DE TA NOUVELLE VIE… ?

ll y a des plus et des moins. Je me sens beaucoup plus alignée avec moi-même. Le sujet me passionne, et j’ai créé mon poste. Dans le salariat, il y a toujours un cadre, les perspectives sont limitées. Mais il y a aussi plus de sérénité, un salaire qui tombe tous les mois… C’est plus confortable d’avoir un week-end qui ressemble à un week-end, et des soirées où on peut couper. Mais je me sens plus à ma place dans ce rôle d’entrepreneure à mission. 

Un immense merci à Murielle, cofondatrice de Pourquoi Princesse, la marque féministe qui bouscule les clichés fille / garçon dès les premiers vêtements. Allez vite jeter un œil à leurs jolies collections et aux contenus inspirants pour tous les enfants… et leurs parents !

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